Il y a quelques mois je suis passée de l’autre côté de la barrière, j’ai déménagé de Paris pour la banlieue. Comment c’est possible ? Une maison de 100m², 500m² de jardin, un super barbecue, au calme, pour le prix d’un F2 parisien. Voilà comment c’est possible…
Ce déménagement à quelques kilomètres de Paris a entraîné des petits changements de vie au quotidien.

Le premier ?
Un rituel visible tous les soirs dans les gares parisiennes. Les gens attendent devant un écran d’affichage, celui qui annoncera le quai où se trouvera le train.
Tous les regards sont rivés sur l’écran, les gens n’osent pas regarder ailleurs de peur de louper l’affichage du quai. Le train ne partira pourtant que dans 15 minutes, mais connaître le numéro du quai au moment exact où il s’affichera permettra de gagner 1 à 2 secondes sur d’autres usagers moins vigilants. La conséquence ? Il serait possible d’avoir SA place.
Le numéro du quai apparaît, c’est la course, la ruée vers le train. Une nuée de banlieusards (dont je fais partie évidemment) se pressent pour remonter le quai vers LE wagon, celui qui s’arrêtera au plus près de l’escalier de sortie à la gare d’arrivée. Marcher avant ou après, quelle importance ? Ce sont de précieuses minutes de gagné à l’arrivée !
Les gens marchent le plus vite possible, certains courent, ils risquent de perdre LEUR place.
On s’engouffre dans LE wagon (tous les jours le même, il a été sélectionné avec soin), on scrute avec frénésie l’intérieur du wagon, on est pas le premier. LA place ? Ouf, personne ! Vite, on s’assoit, LA place est à nous. C’est la place où on peut allonger les jambes, celle près de la sortie, près de la fenêtre, celle toute seule sans personne à côté et en face, celle au milieu du wagon car il y a moins de monde quand le wagon est plein. LA place n’est pas la même pour tout le monde mais chacun en a une.
Et c’est un petit moment de plaisir d’avoir cette place, le petit plus de la journée. Avoir SA place pendant les 15 ou 30 minutes de trajet qui nous sépare de chez nous, c’est une de ces petites victoires du quotidien.
C’est ça la banlieue, des petits bonheurs qu’on ne soupçonnait pas.

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