Tout l’intérêt de voyager en mode routard, c’est de laisser la place aux imprévus. Et en général, avec moi, il y en a souvent…
Et en Indonésie, on a eu un florilège d’imprévus, souvent concentrer au moment où on arrivait dans un nouvel endroit.

Arrivée à Kelimutu, Flores :
On arrive à Kelimutu en fin d’après-midi, sous un ciel très noir. Il n’y a presque personne dehors, le village est tout petit, l’ambiance est un peu tristoune en fait…
On prend l’hôtel vivement conseillé par le Lonely Planet qui ne s’avère pas être un très bon choix (assez sale, mauvais accueil, sombre, …), mais il ne semble pas y avoir beaucoup mieux ici de toute façon…
On part se balader un peu en espérant trouver à cette atmosphère un certain charme malgré tout (pas gagné). Sur le bord de la route, on se fait accoster par un jeune homme en scooter qui nous vend son petit resto local comme le must (évidemment). On est d’humeur aventurier, on se laisse tenter et, sans voir le resto avant, on prend rdv pour le soir.
Le soir arrive, nous nous rendons au restaurant. Enfin, c’est un bien grand mot… La petite chose est excentrée, à quelques minutes à pied de la route principale. Il faut prendre des petits chemins de terre, non éclairés et compter un peu sur sa bonne fortune pour trouver le « restaurant ». Une terrasse en bois ouverte avec une mini baraque de tôle où est située la cuisine. Très peu de tables, on se retrouve donc à en partager une avec un couple de hollandais (charmants au demeurant).
Le repas n’est pas folichon et vu ce qu’il y a dans l’assiette, on préfère se concentrer au maximum sur le riz…
En fin de repas, nous sommes rejoint par des chiens, un peu excités. Le « patron » du restaurant nous informe gentiment qu’il ne faut pas laisser trainer ses mains, il y a deux semaines des touristes se sont fait mordre et ils ont dû les amener à l’hôpital. Et le monsieur était lui même suffisamment flippé pour ne pas s’approcher des chiens pour les faire sortir…
On ne s’est pas vraiment éternisés sur la fin de repas et, le chemin de terre n’étant pas éclairé, nous avons sorti notre téléphone pour rentrer à notre hôtel, en essayant de ne pas se perdre et en évitant les chiens.
Retour dans notre chambre d’hôtel sale et glauque. Bon, le mont Kelimutu a vraiment intérêt à être beau !!!

Arrivée à Bajawa, Flores :
En fait, plus que l’arrivée, c’est surtout le transport vers Bajawa qui a été floklorique.
Il faut savoir que les habitants de Flores n’ont pas du tout l’habitude de voyager, ni même de prendre le bus. Ca c’est un pré-requis à connaître quand on voyage là bas.
Déjà, notre bus arrive avec 2h de retard, il avait crevé quelques kilomètres avant, pas de chance !
Mais ce n’est pas grave, on en profite pour découvrir Kelimutu différemment. Et le matin, sans les touristes, le village est très animé, ce qui nous réconcilie avec le lieu :).

Le mini bus fini donc par arriver, petit et confortable, top ! Heureusement, nous avons (normalement) 5-6 heures de route qui nous attend.
On commence à rouler, je suis à côté d’une adorable petite fille et sa mère. Les routes à Flores sont étroites et montagneuses, ça monte, ça tourne, ça descend. Les lignes droites leur sont inconnues !
Et c’est là que le pré-requis était important à connaître…
Les premiers passagers commencent à vomir, dans un sac dieu merci. On commence à entrer dans l’ambiance….
Certains se mettent un produit sur eux, pour calmer les nausées, du coup ça sent très fort dans le mini bus, mélange d’odeurs entre le vomit et le produit en question.
Après 4h de route, on s’arrête à une ville pour changer la roue de secours (crevée donc). Bon ben là c’est attente de 2h30 devant la petite boutique/garage. C’est le temps qu’il a fallu au responsable de la boutique pour trouver une roue à travers la ville.
On repart, il reste encore au moins 3h de route  (on sait déjà qu’on n’arrivera pas tôt). Compte tenu du retard, le chauffeur met la gomme, toujours sur le même type de route…
Alors là, ça a été un festival ! C’est simple, dès qu’on prenait une photo du paysage, on entendait un « beuuuurk ». On a vivement regretté ne pas avoir le son sur l’appareil photo, juste pour être en mesure de rendre l’ambiance quand on raconterait notre voyage…
Très vite les sacs ne suffisent plus, la gamine à côté de moi me vomit dessus, et d’autres vomissent également par terre.
On arrive alors à un nouveau jeu, lever les pieds à chaque virage, quand le vomit passe d’un côté puis de l’autre, pour éviter d’en avoir plein les chaussures…
On arrive à Bajawa tard le soir, épuisés et contents d’être arrivés !
Mais il nous aura fallu encore un peu de courage pour réussir à trouver un restaurant dans cette petite ville… Il n’y en a apparemment que 3, excentrés…

Arrivée à Ruteng
De nouveau le trajet fût épique, un bus de 15 sièges avec 20 personnes dedans (dont une famille de militaire en uniforme), la chèvre et l’un des deux chauffeurs sur le toit, les assises totalement détruites (par endroit on était assis directement sur la structure en acier).  5 heures de transport.
Je passe sur le trajet qui fût inoubliable comme on s’en doute pour arriver à ma petite histoire.
Arrivés aux abords de la ville, le bus laisse monter (encore en marche) un homme qui hurle des choses totalement incompréhensibles. Personne n’a l’air d’être traumatisé dans le bus, le chauffeur non plus, alors je ne me formalise pas. Jusqu’à ce qu’il s’en prenne à nous directement, nous hurlant des choses sous forme interrogative… Moi pas comprendre, donc moi pas pouvoir répondre au monsieur qui avait pas l’air content… En plus il nous demande de l’argent je ne sais pas bien pourquoi…
Finalement je donne le nom de notre hôtel au chauffeur du bus qui manifestement explique au garçon qu’il peut partir, il s’en va.
Je comprendrais après qu’en Indonésie, pour les « grosses » villes, il y a des bus qui font le trajet entre les villes, puis les bémo qui ont le monopole sur la ville en elle-même. Le monsieur en question était chauffeur de bémo et voulait donc qu’on monte avec lui pour qu’il nous dépose à notre hôtel. Mais comme l’hôtel était sur la route du bus, il nous a déposé directement. Fallait savoir…
Ceci dit, nous arrivons à notre hôtel, un peu dépités du coup, mais très vite ravis. Nous avons choisi un couvent à l’entrée de la ville, toujours en activité et tenu par des bonnes sœurs qui mettent à disposition quelques chambres pour les voyageurs. L’endroit est parfait ! Un grand jardin fleuri et très calme, les chambres sont exceptionnellement propres et modernes, l’accueil charmant. Un vrai paradis !
En début de soirée nous nous rendons à pied en ville, pour tester l’un des deux restaurants de Ruteng (on en n’a pas trouvé d’autres en tout cas).
La ville est un peu lugubre, plus urbanisée que nous n’avions eu l’habitude jusque là, très militaire, sale, mal éclairée évidemment.
On mange tout à fait convenablement. Au retour vers l’hôtel, on se fait indéniablement suivre par deux gamines, puis un homme derrière elles. On est pas très rassurés…. L’homme fini par dire un truc assez violemment aux gamines qui finissent par partir. L’homme continue de nous suivre et n’a pas l’air très commode…
On se résonne, ça ne peut pas être bien méchant, on est sur la route principale, il ne va rien nous arriver ! De fait, l’homme nous suit jusqu’à l’hôtel mais ne tentera rien…
Et tous les soirs à Ruteng, nous seront suivis par des personnes différentes…

Arrivée à Labuan Bajo
Le bus qui nous amène de Ruteng à Labuan Bajo propose de nous déposer directement à notre hôtel. Il nous demande le nom… Euh… Jocker !!! J’en avais aucune idée, impossible de me décider d’après mes guides… Du coup, au pif, allez, celui-ci !
Le bus nous dépose devant l’hôtel qui avait l’air assez mignon. Par contre à « l’accueil » on nous explique qu’il y a une chambre disponible pour 2 nuits mais pas 4 comme nous le souhaitions. Ils proposent qu’on dorme les 2 nuits suivantes dans une guesthouse à proximité… Je demande à voir la chambre de l’hôtel, tout à fait convenable. Un peu suspicieuse, je demande à voir la guesthouse pour les 2 nuits suivantes. On nous y amène. Et là, une très belle maison traditionnelle, avec une vue à couper le souffle sur la baie, un jardin super mignon, des chambres magnifiques avec la meme vue incroyable. L’endroit vraiment idyllique, pour le même prix.
Alors on a été bien désolé, mais on a expliqué à l’hôtel n°1 qu’on allait prendre les 4 nuits ici finalement, puisque la chambre était disponible. Et nous ne le regretterons pas !
Ca, c’était la partie sympa de l’arrivée.
Le soir, on descend sur la ville que nous n’avions pas encore vu pour aller au restaurant. Il y a 15min de marche, en bord de route non éclairée (avec intérêt à faire attention car ils roulent comme des dingues). Dès qu’on sort de la chambre, 200m plus loin, il commence à pleuvoir… Pas grave, on est pas en sucre, on continue.
On fini par arriver vers la ville (éclairée merveilleux), on pose le pied sur le premier trottoir et là, énorme explosion au dessus de notre tête, des étincelles tout autour de nous, les gens qui nous hurlent de nous écarter, la ville plongée dans le noir.
Le poteau électrique juste au dessus de nous venait de cramer, coupant l’électricité sur toute la ville…
Bon, on est donc dans une ville inconnue, plongée dans le noir, il pleut, on a pas de plan et aucune idée d’où trouver un restaurant, avec accessoirement le cœur qui bat la chamade par la surprise qu’on a eu…
Heureusement, un jeune homme nous propose de nous accompagner au centre ville. On choisira le premier restaurant en vue, qui était le seul à avoir un peu de lumière (groupe électrogène). Tout le dîner se fera entre bougie et éclairage, le groupe électrogène marchant 10min puis plus rien avant de refonctionner.
On retournera à l’hôtel sans avoir encore vu la ville, il faudra attendre le lendemain !

Arrivée à Bali et Lovina Beach
Pour Bali, j’avais réservé à l’avance un hôtel à Lovina Beach. Un endroit qui avait l’air merveilleux, 5 petites villas dans un jardin face à la mer. Un truc de luxe mais c’était le petit plaisir du voyage. J’avais aussi réservé le chauffeur qui nous amènerait de l’aéroport à l’hôtel, en mode total confort.
On arrive à l’aéroport, tout se passe bien. Avec tout ce qui nous était arrivé depuis l’arrivée en Indonésie, on commence à se demander ce qui va nous tomber dessus. Mais l’hôtel et le chauffeur étant réservés et payés, je me dis que la loi des séries à dû s’arrêter à Flores.
Erreur fatale…
On sort de l’aéroport, on cherche le chauffeur, personne. Bon, attendons un peu. 30min plus tard, toujours personne….
J’essaie d’appeler l’hôtel, personne ne répond. Au bout de 45min, toujours personne à l’aéroport et personne au téléphone…
Je vais voir les taxis de l’aéroport et j’expose mon problème. Adorables, ils essaient de contacter l’hôtel. Pas plus de chance…
1h s’est écoulée.
Les taxis sont chers et j’ai déjà payé le chauffeur sur internet, ça m’ennuie de payer le taxi en plus.
Le responsable des taxis est super sympa et nous propose de nous amener sans qu’on ne paie rien, en nous disant qu’il s’arrangera avec l’hôtel pour que ce soit eux qui le paie. Top.
Par contre, je commence un peu à me demander si je me suis pas faite arnaquer et si l’hôtel existe vraiment… Le taxi m’assure qu’il connait l’hôtel, ça me rassure.
On arrive donc en taxi à Lovina Beach et là très vite, je me rends compte que le taxi ne connait pas du tout l’hôtel ! Il demande dans la rue, personne ne semble connaître l’hôtel…
Aie, ça sent pas bon cette histoire !
On retente de les avoir au téléphone, personne.
On tourne dans la ville, on ne trouve rien, aucune indication. Finalement deux jeunes souhaitent nous aider, retentent d’appeler l’hôtel et enfin ils les ont !
On fini par trouver l’hôtel, totalement excentré mais magnifique. L’hôtel paie le taxi sans problème et s’excuse platement.
Le directeur de l’hôtel, un australien, viendra s’excuser le soir au dîner et nous offrir le vin, absolument désolé car en effet, il avait oublié de réservé le chauffeur !
On ne lui en a même pas tenu rigueur, même lui ne peut pas lutter contre la loi de Murphy, il devait se passer quelque chose à notre arrivée…

Arrivée à Ubud
Dernière étape, on échappera à la loi des séries ou pas ? Ou pas…
Là encore j’avais réservé un hôtel, un peu excentré (finalement c’est peut être une part du problème, je me rends compte en écrivant l’article que ça revient souvent dans mon récit lol), qui avait l’air très sympa avec vue sur les rizières.
A l’arrivée ça avait l’air vraiment bien, immense jardin avec des petites villas traditionnelles ayant chacune son propre jardin. La chambre est immense, à peu près propre, on y croit !!
Erreur…
La nuit venue, tous contents qu’on est de ne pas avoir eu de problèmes à l’arrivée d’un nouvel endroit, on se met au lit. On place la moustiquaire en vu d’éventuels moustiques bien que ça ne semble pas être le cas.
A peine 1h après s’être endormis, mon homme me réveille en sursautant et hurlant. Il venait de se faire mordre par des énormes fourmis rouges qui avaient envahies le sol de la chambre, et commençaient à envahir le lit !
On vire tout ce petit monde du lit, on se calfeutre avec la moustiquaire en mode combat et on tente de dormir malgré tout.
Le lendemain, on prévient l’hôtel en espérant qu’ils fassent quelque chose…
Le petit déjeuner n’est vraiment pas terrible mais on essai de se remonter le moral.
Un peu malades qu’on ait je l’avoue, on part à pied chercher des statues (on voulait acheter un bouddha). On marche 10km pour trouver les sculpteurs. Finalement on prend 3 statues en pierre (elles doivent bien peser 4kg chacune), et on repart dans l’autre sens, toujours à pied et sous le soleil.
En arrivant à l’hôtel on est quand même un peu claqués et on a envie de se baigner dans la piscine. En y arrivant, on se rend compte qu’elle n’a pas été nettoyée depuis plusieurs mois… Là c’est la goutte d’eau, on prend nos sacs et on part de l’hôtel. En se retrouvant donc à 5km de la ville, avec nos sacs sur le dos et nos statues, après avoir marché 20km…
Finalement après quelques centaines de mètres on trouvera un bémo qui nous amènera en ville, où on trouvera un hôtel correct avec une petite piscine propre. On se baigne et on est ravis !!
Mais ce n’est pas tout à fait fini….
Le soir, vers minuit, on s’assoit simplement sur le lit pour se poser un peu (promis on a fait que s’assoir, l’un à côté de l’autre). Le lit s’effondre par terre ! Et là on explose juste de rire !
Ce qui doit arriver arrivera, il ne faut pas lutter mais prendre les choses avec le sourire 🙂
L’hôtel nous change de chambre et on arrivera à finir les 2 derniers jours du séjour en Indonésie sans nouvelles péripéties !

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